20. Alors… c’était comment à bord?

A raconter nos péripéties et nos multiples petites aventures, j’en ai oublié l’essentiel pour ceux qui nous suivent sur ce blog : La vie à bord 24 /24 pendant près de 15 jours… Je suis bien bête, car c’est quand même l’excellente surprise de ce voyage initiatique ! Raphaël est un bateau exceptionnel. Je sais, vous pensez le mot trop fort et que je semble manquer d’impartialité… mais c’est vraiment un très bon bateau ! D’ailleurs, j’écris ces lignes de Cognac à plus de 1000 bornes de Lisbonne et il me manque. J’en parle tout les jours avec Delphine, j’ai mon billet aller simple pour le 31 janvier et j’ai hâte d’être à bord ! Nous avons hâte d’en profitez dans les pertuis charentais !

Un super bateau. C’est une surprise, une heureuse surprise car avec le recul, nous avons acheté « la Magie » sur une simple visite (qui s’est transformée en coup de cœur) et sur la réputation d’un chantier qui certes construit toujours plus de bateaux de travail que de yachts. Mais c’est un fait, c’est un très bon bateau, je l’ai d’ailleurs déjà dit.

Nous avons testé son confort en famille pendant les vacances de noël à Gruissan, cette navigation permet de tester le bateau en mer, avec du monde à bord. Je crois que de l’avis de tous, c’est un grand « oui » et une note à l’image de l’école des fans de notre regretté Jacques Martin ! Bien sur, comme toutes les carènes qui passent bien la mer et surtout la vague, Raphaël « roule » un peu et c’est son principal défaut… Mais ne dit-on pas dans la marine « bon marcheur, bon rouleur « ??!!.. A mes yeux, il a également un petit défaut d’assiette et semble mal dans ses lignes… un peu assis sur son cul pour imager la chose… nous allons travailler çà rapidement avec Didier, le spécialiste qui m’accompagne pour la saison 2.

Alors à bord ?

Le confort hôtelier 2 étoiles. On rate la troisième car la norme impose la télé dans les chambres et toutes ne l’ont pas !! Mais pour un bateau, à mon humble avis, nous sommes plutôt sur du 4 étoiles pour accueillir 6 personnes. En version « boat-people » par contre avec toute la marmaille, il va falloir penser à la tente Decathlon sur le fly deck ! On sait aussi de l’expérience passée d’Equilibre, que Sonia et Arnaud aiment dormir à la belle étoile avec un duvet pour deux, il y a donc pas mal de possibilités estivales… Mais en hiver, c’est top pour 6 personnes en version pullman.

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Nous sommes donc partis à 7 avec l’ambition de se partager les couchettes en fonction des quarts… Le départ rapide de Pietro et Piboulette me laisse la cabine avant trempée d’eau de mer, mais pour moi tout seul. Franck et Arnaud se partage tribord, Fred et son papa sont à bâbord. Chacun sa salle de bain avec douche, wc et bidet… sis si… avec bidet !.. mais ces derniers encombrent l’espace et ont une espérance de vie très limitée !…

Finalement, nous avons aussi beaucoup dormi dans le canapé du carré. Déjà, en mer, dans la piaule, la cabine avant est inutilisable. C’est comme une attraction de Disney land genre tambour de machine à laver avec un bruit insupportable. Chez Mickey, l’attraction coûte un bras, tu fais une heure de queue et çà dure 3mn. Dans la cabine VIP par contre, tu as le pass VIP donc l’accès est immédiat et la durée sans limite… mais au bout de 3 mn, tu deviens dingue et tu remontes fissa sur le pont !
Donc, je restais en haut et je dormais quelques heures par ci par là entre les quarts.

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Ce fameux canapé confortable a aussi été très utilisé par Arnaud qui s’est souvent plaint de dormir (en bas) à Roissy en bout de piste…. Un 747 prêt au décollage tentait, en vain, sa manœuvre de départ plein gaz sans réussir à quitter la cabine… Plusieurs fois contacté, Franck LAUNAY, commandant de bord de l’appareil, n’a pas donné plus d’explications. Ce pilote émérite s’est même plein de recevoir des coups alors qu’il a lui même été dérangé par un Airbus de la compagnie rochelaise ADSO (Arnaud de SAINT OURS). Ce commandant n’a pas non plus voulu faire de déclaration. Comme à Paris, Raphaël est équipé de deux aéroports et chaque soir, en face, dans l’aéroport babord, la compagnie bordelaise FS (commandant réputé Fred SOUTENAIN) a procédé à des essais techniques de performance réacteur… il semblerait sans grand succès d’ailleurs puisqu’ils se sont déroulés jusqu’à l’arrivée. Aucun commentaire de cette compagnie à part une vague explication incompréhensible de cloison nasale… pour ma part, j’étais suffisamment crevé pour ne pas entendre le trafic aérien et assez content d’en rigoler le matin en écoutant les discussions des pilotes concernés au café !

En mer sur le pont principal, c’est le pied intégral. Yapa d’autres mots et je suis même un peu à court de superlatifs… Dans l’ordre décroissant des points positifs on trouve : L’espace vitré sur 360°, le carré spacieux (on y mange à 8 en naviguant sans renverser les verres) , la plage arrière protégée du vent (on y fume son petit cigare en tee-shirt), le bruit des moteurs très supportable et sans aucune odeur car les échappements sortent sous la flottaison… La cuisine vitrée est top, Arnaud en dira un peu plus, même si la hotte aspirante a du mal à évacuer odeurs et vapeur ! Enfin, pour être complètement honnête, la banquette de la timonerie est très inconfortable et très mal positionnée. Elle a l’avantage de ne pas permettre de s’endormir pendant les quarts!! Dès l’arrivée à La Rochelle, Delphine va prendre en main le réaménagement des espaces salon/salle à manger et nous allons frôler de peu la perfection. j’ai hâte d’y être et de vous faire la visite !

Alors…les journées à bord ?

A quai (car nous avons passé pas mal de jours à quai) c’est comme à la maison ou en vacances dans un méga mobile home… Arnaud prépare le petit dej avec le grille-pain sur la table… du jus d’orange, de la brioche maison ou industrielle (constat : l’industrielle réussie est meilleure que la brioche maison ratée, MDR !!) la matinée bricolage respire l’ail frit du repas de midi et parfois le pain qui sort du four… Les repas sont copieux… très très copieux. Les jours passant, les portions pour 7 se dégustent à 4 et l’entrecôte individuelle passe largement au dessus des 500 grs…Et en plus c’est bon… très très bon… Franck dira d’ailleurs qu’il a fait 15 jours de régime en rentrant pour éliminer les 3 kgs pris à bord en 12 jours ! Arnaud me lâche pour la saison 2 et il a placé la barre trop haut… je vais me faire lyncher par l’équipage si je ne fais pas un minimum de cuisine… mais j’ai ma botte secrète en fin de repas… à 40°…

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En mer ?
ben… c’est pareil… si çà ne bouge pas.
par contre… Si çà bouge, c’est le mode survie. Dès le réveil, tu prépares avec attention la mission « toilettes » en choisissant de préférence la position assise… pour rester debout, il faut être initié, joueur ou inconscient… puis, si tu arrives à la cuisine, tu te tiens d’une main, tu trouves quelqu’un pour t’aider à remonter et mettre en route la machine Nespresso, tu bloques ta tasse pendant que le café coule et avec un peu de bol, tu trouves un morceau du sucre éparpillé sur le plan de travail, tu tentes de débloquer un tiroir pour attraper une ch’ite cuillère et tu arrives sans renverser dans le carré (l’endroit qui bouge le moins) où tu trouves de la brioche ou du Panettone. Là tu savoures l’exploit individuel et tu dégustes en connaisseur…
Si çà bouge un max (c’est du vécu) tu serres la console de la timonerie et en surveillant le radar, tu demandes à un rescapé qu’il te trouve une banane et un coca, puis tu rêves d’une accalmie pour essayer de te faire un café (cf paragraphe précédent!).

Mais… la météo n’est pas si mauvaise et quand elle nous a fait rater le petit dej, elle fait une pose et nous nous sommes souvent rattrapé sur le casse croûte de 10 heures ! avec une terrine de campagne de 3.8kg et 3 mètres de saucisse sèche, nous pouvions nous faire quelques en-cas en plus des pic-nics et des apéros. Le cubi de vin (blanc/rouge et/ou rosé)  étant resté sur la table de la veille… Ça aide à oublier la tempête nocturne…

Et à la machine ?

Je ne le savais pas avant de partir, mais en plus du chef cuisto nous avons embarqué un officier mécanicien. Le « chef » comme on dit dans la marine. Et quel « chef » !! Toutes les deux heures Franck descend à la machine. Un petit sauna gratis dans une ambiance surchauffée qui fleure bon l’huile et le gasoil… J’ai testé (un peu) avec lui… Un délice ! A réservé aux initiés qui ont l’estomac accroché. En bas, çà bouge moins. Quand on commence à chercher où se tenir, c’est qu’en haut on frise les montagnes russes ! Çà bouge moins mais le port du casque anti-bruit est vivement conseillé, la température est largement au dessus de 30 degrés et il y a ce petit relent de carburant et d’huile chaude qui, associé à l’espace confiné, vous envoie direct la tête dans le seau !
Sauf Franck. Je ne sais pas dans quel bois il est construit… ou dans quel métal… C’est peut-être grâce au bandana personnalisé avec un bout de chiffon en dentelle… ou encore aux pantoufles volées dans son dernier hôtel… va savoir… mais il y a passé un sacré moment chaque jour. Respect.

Capture

La video sur youtube : https://youtu.be/CNH9Piw5D-o

La video sur VIMEO : https://vimeo.com/252684596

Il actionne les pompes de cales puis remonte, note tous les paramètres du tableau de bord et enfin enregistre l’ensemble dans son ordi. Quelles que soient les conditions de navigation, je l’ai vu faire son petit rituel mécanique…
Il a perdu toutes ses photos sur une fausse manip, mais il a sauvegardé tous les paramètres moteur de Raphaël. Avec les milliers de données, nous allons pouvoir enrichir la base de données du constructeur ! Je n’ai toujours pas bien compris pourquoi il a fait çà avec autant de sérieux et de régularité… surtout que tout va bien côté moteur… Mais il y a surement une explication technique que je vais découvrir dans les semaines à venir !

Et sinon… côté détente?

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Le soir, à bord ou à terre, c’est apéro. On ne plaisante pas, on a des principes. Pas beaucoup de principes, on est large d’esprit, mais on ne rigole pas avec l’apéro.
« C’est un moment intense de partage communautaire ou chacun fait part de son expérience du jour, donne un conseil ou exprime une émotion, confie ses doutes et ses craintes. C’est un moment privilégié de calme reposant après une dure journée de labeur ou de navigation ou le marin, harassé par les taches quotidiennes,  vient se ressourcer au contact de ses camarades en admirant le soleil descendant sur l’horizon dans un flamboiement rougeoyant qui rappelle les fins d’épisodes de la série Magnum (ou d’alerte à Malibu) de notre enfance… »
Bon , je déconne ! L’apéro , c’est Ti punch ! Les vraies questions qui passionnent tout le monde : Avec ou sans glaçons? Aurons-nous assez de citrons? puis, au fil des jours…le constat est net. Sans appel. Nous n’irons pas au bout avec la bouteille de Fred. Au pire, on va manque de sucre de canne… Les boules… Grave…. Ça craint un max… Mal géré… Misère… Alors les plus vaillants se lancent dans des calculs savants (je vous jure que c’est vrai!) à raison de 2 par soir et par personne… si on rationne les doses… on tient facile jusqu’à Carthagène mais on ira pas jusqu’à Gibraltar… Pour résumer, je ne dis pas que quelqu’un à poussé Guy exprès dans l’escalier… mais un consommateur de moins, c’est presque un jour de ti-punch de gagné… Nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire…
Bon, finalement, à Lisbonne on a fini au rosé/glaçons et c’était pas si mal ! En relisant, je vois que sur la photo ci dessus c’était apéro à midi… Ma mémoire me joue donc des tours?.. L’apéro c’était midi et soir? . va falloir que je contacte l’équipage pour valider…m’étonne pas qu’on finisse à sec à mi parcours !

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les esprits curieux et avertis remarqueront sur la photo ci dessus que nous mangions presque autant de légumes que de viande, c’est un bon point. Et comme disait le chef à chaque repas « pour digérer 500 grammes de viande, mieux vaut manger des fibres, alors REPRENEZ de la salade ! » (NDLR : c’était à quai, on avait sorti le rosé en bouteille)

A chaque navigation de nuit, lorsque la météo semblait encore clémente, nous pouvions manger dans le carré. Une personne à la barre et par rotation entre chaque verre plat, nous venions nous préparer à une longue nuit de veille. Ces mêmes esprits curieux noteront donc sur la photo ci-dessous de ce dîner en version pic-nic entre Carthagène et Gibraltar (çà devait remuer déjà un peu !) la tenue de quart sexy d’Arnaud, le mètre de saucisse sèche, le plateau de fromage que nous n’avons pas réussi à terminer malgré des efforts acharnés midi et soir et sous la surveillance de Franck, le fameux cubi qui n’a pas quitté la table. Seule variante selon les bouteilles ouvertes, cubi blanc, cubi rouge ou cubi rosé. On aime pas mélanger vin bouché et vin à la tireuse.

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Bref, on s’est fait un peu secouer la couenne, mais c’était quand même vraiment sympa.
Côté tour de taille, juste après les fêtes de fin d’années et en pleine trêve des confiseurs, nous pouvions espérer manger « light » , être un peu barbouillé et sauter quelques repas, voir être malade et sauter plusieurs repas. Mais le chef était trop fort, il racontera lui-même dans un autre article… et le bateau trop confort. Résultat, nous sommes rentrés avec les ceintures trop serrées !
Il faut dire que c’est surtout la faute de Delphine. A sa demande, le père Noël a apporté à la famille une machine à glaçons qui produit à la taille souhaitée (et réglable) en moins de 20 minutes… Au départ, c’est une tentation trop forte que de tester la chose puis l’on y prend goût et c’est une addiction nette que le petit verre de rosé frais avec des glaçons… (il fait chaud à bord à cause du plancher chauffant via la salle des machines!)… Dommage de ne pas se faire une petite tartine de pâté avec… puis il reste un peu de pâté… on reprend un petit verre pour finir… vous connaissez la spirale infernale ! Elle (la machine) a fonctionné non stop pendant les 12 jours. Pour finir sur ce chapitre, Arnaud ne m’a envoyé qu’un SMS après son vol retour Lisbonne/Bordeaux : « Bien arrivé, pense à couper la machine à glaçons avant de quitter le bord » !!!!!!

A suivre…

 

 

 

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