18. Lisbonne, fin de la saison 1

Samedi 13h30, heure de Lisbonne.

Nous sommes à quai à la marina des nations près de l’aéroport international.

Hier en fin d’après midi, après une journée de rêve en Atlantique sur la longue houle et accompagné par les dauphins, nous sommes rentrés dans l’embouchure du Tage. Il faut une heure pour passer devant la fameuse tour de Belem et sous le pont « du 24 avril » qui porte la route et la voie ferrée (c’est mythique, çà compte dans la vie d’un marin) puis encore une heure à longer les docks et la vieille ville avant d’arriver à la Marina das Noçoes, aux pieds de la ville futuriste et de l’aéroport international.

Après 35 heures de navigation et 4 ou 5 heures de sommeil, l’entrée étroite avec du courant me laissera un sacré souvenir ! d’après mon fidèle équipage, j’ai géré. Vu de ma place, j’ai fait 10 mn d’apnée entre l’entrée et la place à quai !

Nous sommes arrivés. Fin de la saison 1. Nous avons épuisé les jours de congés. La météo est bonne jusqu’à Gijon, mais l’arrivée à La Rochelle mardi est très problématique. Jusqu’à 8 heures ce matin j’ai torturé les fichiers météo…. mais c’est mort. MERDE!!!!!!! Arnaud est rentré en avion ce matin, Franck doit être à Paris mardi… C’est con mais c’est la vie. Nous ne sommes pas convoyeurs professionnels et nous avons tous des impératifs Pro.

Je suis arrivé dans cette marina car grâce à Pierre qui connait tous ceux qui naviguent entre Rochefort et Gibraltar, je savais qu’un couple de retraités français (de Jarnac) passe l’hiver à Lisbonne. Nous sommes à 3 places de leur magnifique bateau construit de leurs mains…. Bernard est venu nous accueillir hier soir, ce matin il a fait la visite technique avec moi. Il a les clés du bateau, il va pouvoir gérer en mon absence. Quel pied, quelle sérénité… Même si la marina est top et que les portugais sont ultra sympas. Je quitte le bord demain, serein.

Nous avons passé la matinée avec Franck à rechercher les fuites sur les safrans… Tous semble enfin sous contrôle. Le bateau devra toutefois sortir de l’eau à La Rochelle pour revoir les bagues d’étanchéité des safrans et des lignes d’arbres.

Arnaud est parti à 7h00 ce matin. Le bord est plus triste et ses 20 conneries à l’heure manque à l’ambiance du bord. Pendant les nuits de quart, nous repensions aux conneries et aux plans foireux de nos jeunes années en montagne j’avais 20 ans et lui 15)… Les fins de randonnées avec un mars pour deux ou une boite de choucroute froide au fond d’une grande au dessus d’Aussois… les filles qui désertaient le compartiment du train de Modane à Chambéry tellement nous empestions après une semaine de montagne sans décrassage… Toujours foireux les plans avec mon frangin… Mais c’est tellement cool de l’avoir à mes côtés ! Quand il balise, il le fait en déconnant tellement que tout le monde se marre et que le stress diminue de moitié ! On ajoute à ça le réconfort de la bouffe… ben en fait, c’est l’équipier idéal ! comment vais-je faire pour naviguer sans lui ?? A midi, c’était les restes du festin d’hier… mais sans tarte aux pommes. Il est temps de rentrer…
C’est la fin de la saison 1. J’ai les boules de laisser le bateau, mais le bilan est ultra positif. A commencer par le bateau. Raphaël est un navire incroyable. Une carène au top et des moteurs ultra fiables. Le confort est hallucinant, la facilité de manœuvre aussi. Mon amour peut être fière, elle m’a forcé la main, mais elle a fait le bon choix. C’est un top bateau. J’ai mis un peu de temps à lier le lien entre lui et moi… Mais là c’est fait. C’est un solide nœud de chaise qui restera longtemps serré…

Peut-être me fallait’il le mériter? peut-être que l’Archange du même nom avait décidé de me mettre à l’épreuve (aux épreuves!) pour avoir oser inscrire son nom sur la coque ?? Bon… je divague… c’est le rosé de midi qui me joue des tours. Il faut finir les restes et les fonds de bouteilles.

Deuxième constat : Il a 14 ans et n’a jamais été entretenu… ou alors par une bande d’incompétents… ou alors par de pauvres types à qui on a donné aucuns moyens… De nombreux équipements sont donc à reprendre et ce manque d’entretien s’est transformé en manque de fiabilité lors des premiers jours de traversée. Je dois humblement admettre que tout ceci m’a gâché la première partie du voyage. C’est une lourde responsabilité de faire naviguer du monde dans une météo capricieuse et ingérable, sur un bateau que l’on découvre et qui pouvait sembler non-fiable… On ajoute à cela Pietro malade, Romane épuisée et Guy blessé… J’ai pris une bonne leçon de vie. Ne monteront plus à mon bord que des personnes en excellente forme avec toutes leurs capacités !

En mer, de nuit… tout est multiplié par deux, tout est amplifié. En Méditerranée, on double encore la mise. Un bobo devient une plaie, un incident peut devenir un accident. malgré toute l’énergie de tous et malgré toute mon attention depuis deux mois, les problèmes s’empilaient… Un problème résolu, un autre survenait… J’ai passé mon temps en mode « Sécurité » à réfléchir aux compromis « Équipage/bateau », le tout étant étroitement lié. Mais ces 14 jours et les studieuses journées d’escales ont payées. Raphaël est sain et surtout je connais ses énormes qualités et ses petits points faibles qui seront rapidement corrigés.

Depuis ce matin j’organise le retour Lisbonne/ La Rochelle. Dates, pétrole, équipage… Tout se dessine bien. Je vais Implorer maintenant Éole et Poséidon d’aller jouer dans les quarantièmes rugissants pendant un mois ou deux et de nous laisser le golfe de Gascogne tranquille pendant quelques jours !

La saison 2 devrait ne durer que 3 ou 4 jours. Je rêve déjà de la saison 3… Vous qui lisez ces lignes, c’est celle qui vous verra à bord. Vous comprendrez ainsi un peu mieux ces belles (et moins belles) journées que nous venons de vivre.

A suivre….

 

3 réflexions sur “18. Lisbonne, fin de la saison 1

  1. Dan, ton récit est conforme à ce que l’on a tous vécu à bord de ton magnifique Yacht, avec des hauts et des bas comme la météo en méditerranée.

    Mais ta motivation nous a transcendés et les prouesses d’Arnaud en cuisine nous ont bien récompensés.

    C’est avec grand plaisir que je t’aiderai, si tu le souhaites, à poursuivre l’aventure du Retour de Raphael à La Rochelle où a mon avis il se plaira bien mieux entre les pertuis charentais.

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  2. les bateaux, c’est comme les femmes, c’est mieux quand on les a « pratiquées » depuis quelque temps……pardon au femmes qui lirons ce commentaire. Pierre

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